GRÈCE : AUX PORTES DE L’EUROPE


Quand je dis "la Grèce", à quoi pensez-vous? La mythologie et l’Antiquité glorieuse, l’Iliade et l’Odyssée! Les plages paradisiaques, les îles diverses, la nourriture traditionnelle! Bref une destination idéale pour de vacances culturelles et reposantes. Le peuple grec a toujours été connu comme ouvert et hospitalier, attirant des visiteurs de tout le globe. Mais au vu des récents obstacles auxquels ce pays doit faire face, notamment la crise économique et celle des réfugiés qui le ravage, nul ne sait comment le pays va s’en sortir.

Le nombre d’articles et d’études sur la Grèce ne cesse de croître, et donne deux images radicalement opposées de ce pays. Nous pouvons trouver des revues touristiques célébrant la beauté de la nature, des cours sur l’histoire mythique de la Grèce, des éloges sur la grandeur de ses monuments… Cela dégage une impression très positive dans l’esprit des visiteurs, qui n’est qu’encouragée par les premières images affichées au public dans l’aéroport, un groupe de personnes, partageant un ouzo traditionnel, et riant en faisant le yia mas.


Mais cela fait aussi penser que la population vit avec insouciance ces moments difficiles, et n’est ni affecté ni concerné par ce qui arrive. Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence. Cette image idyllique ne représente clairement pas la dure réalité. Une xénophobie sans précédents est apparue dans le cœur de nombreux grecs, s’enracinant dans leur être et influençant leurs enfants. Ainsi, lorsque je discute avec des amis grecs, il n’est pas rare d’entendre de nombreuses blagues racistes contre les Albanais ou les Pakistanais, qui sont arrivés dans notre pays il y a de nombreuses années, mais dont la présence semble gêner la société. Cette exclusion s’est beaucoup accentuée depuis 2008, avec le début des problèmes économiques et de chômage. Bien qu’ils aient réussi à s’intégrer peu à peu dans la société, ils n’héritent que les travaux que les Grecs ne daignent de faire, et ainsi non seulement sont la risée de la population, mais sont souvent accusés de ‘‘voler’’ les travaux des natifs.

La vague hallucinante de réfugiés qui s’est abattue sur les rives grecques n’a pas du tout aider à arranger les tensions croissantes entre les habitants. Quand, en 2015-2016, plus de 500 000 réfugiés ont amarré sur le territoire grec, internet fut noyé sous le nombre d’articles alarmants à propos de cet influx dans l’UE. Mais si le monde semble s’être à présent désintéressé a cette crise majeure, elle est toujours d’actualité en Grèce affecte grandement le quotidien des gens. Pire que le désintéressement, au lieu de sensibiliser les gens à la situation, certains journaux comme The Guardian préfèrent rejeter toute la faute sur la Grèce, l’accusant d’avoir clairement les moyens économiques d’aider les réfugiés, mais de choisir de gaspiller cet argent offert par l’UE.


Heureusement, alors que les pays tournaient leurs dos et imposaient des lois strictes coinçant les réfugiés à Lesbos ou à Athènes, de nombreuses associations ont été crées ou se sont intéressées à cette situation. La population fut encouragée à faire du volontariat et des dons, et de nombreuses actions furent prises, dans l’espoir d’améliorer ne serait-ce qu’un peu la situation de ces gens.


Mais cette solution n’est pas suffisante à long terme : comment demander à des personnes d’aider indéfiniment des ‘’xenous’’ (étrangers) alors qu’ils risquent de perdre leurs travaux à tout instant? Comment encourager des élèves à donner leur nourriture à ces nouveaux arrivant quand ils savent qu’il n’y en a pas assez pour certains de leurs propres camarades?


La Grèce est un endroit magnifique et accueillant chaleureusement de nombreux touristes, mais il n’en sera pas toujours ainsi si personne ne s’occupe de la situation qui dégénère. Entre la crise économique et les réfugiés, le peuple grec qui se trouve sous une pression qu’il ne peut gérer seul et se renferme, perdant ses traditions qui le rendent si particulier. Il est donc le devoir de chacun et chacune d’entre nous d’aider les réfugiés, ces personnes qui se décident de tout risquer en s’engageant dans un voyage périlleux dans l’espoir d’y trouver au bout une vie vivable. Il est temps de cesser d’obliger des pays comme la Grèce ou l’Italie à porter seuls le poids de cette catastrophe.

- Rozet Balliou

Sources d'images:

La Grèce prise par Rozet Balliou @neoptimiste

Image 2: Greece-is

Image 3: Louisa Gouliamaki / AFP

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Design logo 

Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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