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Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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JOHANNESBURG: CAR GUARDS

Que ce soit dans les boulevards ou dans les rues très fréquentées de Gauteng, apercevoir le gilet jaune ou orange fluo sur une peau noire fait partie du quotidien de l'Afrique du Sud.

Ce sont des «car guards» des parkings, ce "métier" consiste à aider les conducteurs à se garer et surveiller les voitures avant que ces derniers reviennent au parking sans qu'on leur demande; puis ils les obligent à les rémunérer. Les car guards sont conscients que leur aide n’est pas nécessaire mais ceci reste tout de même pratiqué faute d’autres solutions.


La présence de car guards est la conséquence d'un manque d'offres sur le marché d’emploi. La plupart sont des immigrés de la République démocratique du Congo, il y a également des Zimbabwéens, Nigérians, Ghanéens et même des locaux. Possible de terminer la journée sans recevoir aucune monnaie, ces hommes et femmes se présentent dans les parkings chaque matin jusqu'à tard le soir.

Le travail noir emploie 2 millions de personnes en Afrique du Sud en dehors de l'agroalimentaire. Par conséquent, il n'y a aucune régulation ou document qui rend la rémunération de ces guards obligatoire; ce qui explique leurs revenus: 37% de ces car guards reçoivent entre 51 et 101 rands* par semaine selon businesstech.co.za, une somme bien en dessous du SMIC (3 500 rands par mois) puisque les conducteurs estiment ne rien leur devoir. Donc même avec un emploi, ces guards demeurent dans une pauvreté absolue et leur emploi ne représente pas un moteur sain et actif de socialisation: ils vivent dans les zones les plus défavorisées du pays (l'Ouest de Pretoria ou même le quartier de Sunnyside) et dans l'inconfort avec peu voire sans les ressources indispensables: L’eau, l’électricité ou la nourriture.

1 € = 17 rands


On pourrait se demander, à quoi bon immigrer si les conditions restent tout aussi difficiles ?

La résilience des réfugiés face à ces conditions montre l’instabilité politique dans leurs pays d’origine. Le chaos affectant l'économie notamment par une chute du nombre d'emplois ainsi que l’inflation des matières premières créent des sentiments d'insécurité et les forcent à quitter leurs pays.

Localement, l'économie sud-africaine s'est dégradée au long des 10 dernières années à cause de la corruption observée sous le gouvernement de Zuma. Environ 50 % de la population sont au chômage, la plupart des noirs sud-africains continuent à vivre dans de telles conditions car le gouvernement de Zuma n'a pas réussi la réintégration des noirs, après de longues années de torture sous l'apartheid. Les Sud-africains noirs continuent donc à occuper les emplois les plus pénibles comme le métier de car guards. Ensuite à l'échelle continentale, plusieurs pays sont sous dictatures et sous présidence corrompue, mettant encore une fois les locaux dans des situations pitoyables avec des taux de viol croissants en RDC.

Ce ne sont donc pas uniquement des car guards, ces hommes et femmes sont victimes de l'injustice, de la corruption des gouvernements africains, abandonnés par ceux qui devraient les protéger et assurer leur bien-être.


- Glory Ojesanmi

Sources d'images:

Photo couverture - Mduduzi Ndzingi

« La veste verte et orange sur une peau noire… » - Source inconnue

Car guards - dailymaverick / Johannesburg-guesthouses

Car guard - Dave Mayers, the NY Times


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