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Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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LIBAN: 14 ANS D’INSTABILITÉ POLITIQUE


14 Février. Cette date pour tout le monde est synonyme de roses, de chocolats. Alors qu’ici, cette date a une saveur plus particulière, c’est un jour férié non pas pour la Saint- Valentin mais pour l’assassinat de Rafiq el Hariri, ancien Premier ministre. 14 ans ont passé depuis l’attentat, durant lesquels le peuple libanais essaie de connaître une vérité sans cesse flouée par des partisans de l’obscurantisme, 14 ans depuis la révolution du Cèdre, durant lesquels rien n’a changé.


Nous avons après 14 ans un Hariri -le fils- à la tête du pouvoir, qui après 14 ans de hauts et de bas, a pris la tête d’un gouvernement qui a pris des mois entiers à prendre place et a souligné dans sa formation, tout ce qui ne va pas dans la société libanaise. En 14 ans, trois présidents se sont succédé, mais le Liban a passé trois ans sans président. Deux élections législatives ont eu lieu, alors que le mandat parlementaire n’est que de 4 ans, vu que le Parlement élu en 2009 a vu «nécessaire» de s’attribuer deux années supplémentaires... Le retour du fils n’a hélas pas été suffisant à ramener ne serait-ce qu’un semblant de stabilité à la démocratie libanaise. Mais comme disait « si les élections changeaient quelque chose, ça ferait longtemps qu’on les aurait interdits ».


Les partis se militarisent de plus en plus, alors que leurs partisans continuent d’adhérer à des idéologies obscurantistes sous voile de religion, foules d’idées bien souvent dépassées. On entend les jeunes de 17 ans dire « On a fait, On a combattu ! » en parlant d’une guerre civile censée être révolue depuis 29 ans...


En 14 ans, la parité homme/femme est inexistante, le communautarisme sectaire bat son plein, les homosexuels se font toujours emprisonnés, le mariage civil est toujours interdit, on n’a ni électricité ni de bonnes connections Internet. La sécurité n’est pas assurée, le chômage est en hausse. Et nous avons accueilli des centaines de milliers de réfugiés syriens et comme il est de coutume ici, nos politiques les ont utilisés pour justifier tous leurs échecs. Et le fait que les réfugiés soient en majorité musulmans a fait revenir cette paranoïa typique des partis à majorité chrétienne...


Enfin, dans cette fête de l’amour, on aimerait pouvoir terminer sur une conclusion où à la manière de Wadih Al Safi, on rappelle aux lecteurs la beauté du Liban et sa diversité religieuse, sauf que tous les évènements et problèmes déjà cités donnent un goût amer à cet amour que chaque libanais porte pour son pays. On aimerait malgré tout souhaiter que les quatorze prochaines années voient émerger la vérité et le Liban retrouver sa stabilité démocratique.

Source: NAOC (Association canadienne pour l'OTAN)


Hariri le père avait relevé le Liban des cendres de la guerre, et connaissait mieux que quiconque la valeur et les fragilités de son système. Il devenait un trop grand homme, et comme il est de coutume au Moyen-Orient, les grands hommes ne sont pas voués à diriger mais à être infiniment regrettés.

Repose en Paix Rafiq El Hariri,

- Joe El Khoury

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