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Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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MAROC : JARDINS D'ESSAIS

Les monuments en disent long sur l’Histoire d’une ville, d’une région, d’un pays,... Et les jardins, véritables patrimoines culturels, racontent, eux aussi, une histoire. C’est le cas des jardins d’essais botaniques et le jardin du Belvédère de Rabat, héritiers centenaires du protectorat français. Découvrez avec nous ces jardins, porteurs de l’histoire marocaine du XXe siècle.

Foire de Rabat en 1920 / Schmitt


Les jardins d’essais botaniques et le jardin du Belvédère de Rabat, créés en 1917 sous le protectorat français, sont situés à cheval sur l’avenue de la Victoire, dans le quartier de l’Agdal, signifiant “Jardin” en amazigh (Berbère). Le projet est initié par le maréchal Lyautey, alors résident général de France au Maroc, et créé par l’architecte et paysagiste Jean Claude Nicolas Forestier.


Petite parenthèse sur le protectorat français au Maroc :

Le Maroc était autrefois un territoire qui suscitait de nombreuses convoitises, notamment de la part des français et des allemands. En 1912, un traité franco-marocain est signé entre la troisième république et le sultan de l’époque, Moulay Abd El Hafid : c’est le début du protectorat. Il s’agissait de la mise en place d’un régime de tutelle exercé par la France sur le Maroc. Celui-ci prit fin en novembre 1956 dans la pacification.



Tout d’abord, les jardins d’essais avaient pour but de cultiver différents végétaux provenant du monde entier, afin de savoir quelles plantes pouvaient s’acclimater à l’environnement et au climat particulièrement humide de la ville de Rabat. S’étendant sur une surface totale de 16 hectares, ils sont divisés en 25 parcelles, selon la nature des végétaux. Aujourd’hui, ces parcelles existent toujours et les plantes y sont entretenues.


Le jardin du Belvédère quant à lui accueillait annuellement une foire, composée de jeux, de stands, afin de promouvoir cultures française et berbère. Situé à quelques centaines de mètres des jardins d’essais, il est notamment connu pour la vue imprenable qu’il offre sur la ville. En effet, le jardin du Belvédère se trouve sur l’un des plus hauts points de la ville, à l’instar de la résidence du maréchal Lyautey et du jardin du Triangle de vue, nommé ainsi en référence au triangle formé par ceux-ci. Afin de préserver la vue offerte depuis ces lieux, une loi fut mise en place la municipalité de Rabat, de sorte que les bâtiments situés dans un périmètre donné ne dépassent pas une hauteur de deux étages.


Le jardin d'essai du Belvédève, Rabat (1920 et aujourd'hui) / sources anonymes


Malheureusement, ces jardins furent longtemps méconnus du grand public car laissés à l’abandon. Durant les années 80’, des migrants clandestins avaient installés des campements, détériorant fortement les jardins. Des travaux de réhabilitation furent donc opérés entre 2006 et 2013, l’inauguration ayant eu lieu en avril 2013, par le roi Mohammed VI. Aujourd’hui, une partie des jardins d’essais est ouverte au grand public, l’autre étant réservée à des études de l’Institut National de la Recherche Agronomique du Maroc (INRA). Quant au jardin du Belvédère, il surplombe toujours la ville et notamment la bibliothèque nationale, dans laquelle sont conservés les plans manuscrits du paysagiste Forestier.

- Yasmine El Ghazi

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