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Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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MEXIQUE: CINCO DE MAYO

El "cinco de mayo" ou "la batalla de Puebla" est une fête qui est célébrée au Mexique, et commémore la victoire de l’armée républicaine mexicaine face à l’Empire français dans la ville de Puebla, en 1862. Ayant vécu au Mexique la plupart de ma vie, j’ai célébré cette date plusieurs fois, mais dans mon entourage quotidien, tous les Français que je connais, affirment qu’ils n’avaient jamais entendu parler de cet événement en France. J’ai alors décidé de faire connaître cette fête mexicaine...

Soldats français assaillis par des troupes mexicaines


Cette invasion est due au fait que le Mexique était dans un état économique déplorable. Cette jeune nation avait perdu la moitié de son territoire face aux États Unis quatorze ans auparavant et subissait la guerre civile en a découlé. Le pays était dévasté. Il avait besoin d’argent pour se reconstruire. C’est alors que le président Juarez décida d’emprunter de l’argent a de grandes puissances européennes : l’Espagne, le Royaume Uni et la France. Incapable de payer ses dettes, les mexicains demandèrent plus de temps pour régler leur dû. Les Espagnols et les Anglais décidèrent d’accorder le délai demandé, mais Napoléon III refusa. Il voyait là l'occasion d'acquérir à faible coût une colonie en Amérique du Nord, en créant un Empire Mexicain, et par la même occasion de créer un état pouvant rivaliser avec les États-Unis. En décembre 1861, la guerre était déclarée. Dans la première partie du conflit les forces françaises n’eurent aucun problème à avancer face aux troupes mexicaines, rasant les villages qui osaient défier l’empire.



Plusieurs semaines depuis le début de l’invasion s’étaient écoulées. Les Français étaient arrivés à Puebla, une ville à cent trente kilomètres de la capitale mexicaine, la dernière ligne de défense, il y avait les deux derniers forts qui protégeaient la vallée, c’était la clef du succès français, et la dernière défense des Mexicains à bout de souffle. Le général Ignacio Zaragoza (image à droite) ne disposait que cinq mille hommes, avec lui Porfirio Díaz (futur dictateur du Mexique entre 1876 et 1911), Miguel Negrete, Francisco Lamadrid et Felipe Berriózabal qui devaient organiser la défense des deux forts de Guadalupe de Loreto.


De l’autre côté, plus de neuf mille Français, une force hétéroclite composée de plusieurs bataillons de troupes coloniales et d'Européens, commandés par Charles Ferdinand Latrille, et les forces mexicaines conservatrices qui souhaitaient un gouvernement autoritaire et conservateur. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui ont poussé Napoléon III à lancer l'expédition mexicaine. Avant même que la bataille n’eut commencé, le général Zaragoza trouva un astucieux moyen de protéger les forts et les habitants de Puebla. Avec les cinq canons à sa disposition il décida d'abattre les tours de l’église du fort où il se trouvait pour éviter que les batteries d’artillerie française puissent viser correctement. Effectivement, l'artillerie française, privée de repères, tira pendant 40 minutes dans une plaine déserte.


Après plusieurs heures de luttes acharnées, les forces françaises se sont vues contraintes de se replier. Les forts étaient imprenables. Grâce au répit offert par cette victoire les Mexicains furent capables de repousser l'envahisseur pendant un temps. Cependant, un an plus tard, la France, amère de sa défaite et pas moins résolue à établir un empire mexicain, revenait cette fois avec plus de trente-cinq mille hommes. Après de longues années de luttes violentes la France réussit à vaincre le gouvernement républicain et établir le règne de Maximilien d’Habsbourg en 1864. Cependant la victoire française ne fut que de courte durée, les Mexicains, aidés les Américains, sortant de la guerre de Sécession (1861-1865), contre-attaquèrent et en 1867 toutes les troupes françaises avaient quitté vaincu le continent américain et l'empereur Maximilien fut exécuté.



Après la bataille de Puebla, Ferdinand Latrille, le général français en charge, humilié, était terrifié d’annoncer à l’empereur Napoléon III que l'armée réputée la plus puissante du monde avait été battue par une troupe de volontaires sans entraînement et d’une “race” inférieure. Son honneur bafoué il s'enfuit. Après plusieurs semaines de recherche, on le retrouva sur la côte du golfe, non loin de Veracruz, où un grand nombre de Français s'étaient établis. Nombre de natifs de cette région portent des noms de famille français et le parlent de manière fluide. Le destin emprunté par Monsieur Latrille fut celui de nombreux français après la défaite de Puebla.


Cet événement marquant de l'histoire mexicaine montra au monde qu'à coeur vaillant rien d'impossible. Le Mexique avait vaincu la France. Aujourd'hui, le 5 mai est une des fêtes les plus importantes dans le calendrier mexicain. Elle est célébrée avec des plats exquis comme des tacos, chilaquiles et Pans de cazón. Cette date se célèbre dans plusieurs autres pays, mais c’est au Mexique et aux États-Unis que l’événement est le plus répandu. Cette journée est considérée comme le jour de l’orgueil latino, et est largement confondue avec le jour où le Mexique est devenu indépendant, le 16 septembre 1810.


Le but de cette célébration n’est pas (que) de s’alcooliser mais aussi de se rappeler que peu importe l'ampleur ou la force. Nous sommes capables de faire face aux problèmes, aux adversaires les plus invincibles, aux événements les plus imprévisibles. Ne vous laissez pas faire, battez-vous, et devenez ce que vous voulez être.

- François Schultis

Sources d'images

4 premières images d'auteurs anonymes et dans le domaine publique

El Cinco de Mayo fêté au Mexique - Eduardo Verdugo: Associated Press


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