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Philomène Martinez

Graphisme / Illustrations 

Marianne Tran, 17 ans

Taipei (Taiwan)

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MOYEN-ORIENT : UNE DISPARITION INQUIÉTANTE

"L'adjectif "vrai", comme le chiffre zéro, est une expression indispensable du vide"

- Amélie Nothomb


Le 11 décembre 2018, Times a publié 4 couvertures de magazines avec les personnalités de l’année, des journalistes qui se sont battus pour la vérité. Parmi ses journalistes, on retrouve, Jamal Khashoggi, dont le nom est présent dans tous les médias suite à sa disparition mystérieuse dans un consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, début octobre 2018. Le 20 octobre, Riyad a admis que le journaliste est mort à l’intérieur du consulat, soutenant que c’était suite à une bagarre.

Jamal Khashoggi entre dans le consulat à Istanbul / BBC




Qui est-ce ?

Portrait de Jamal Khashoggi fait par Israa Jihad /Néoptimiste


Un homme brave, un homme de parole, un homme à la recherche de la liberté… Jamal Khashoggi était un journaliste saoudien, et il écrivait pour le Washington Post des articles qui critiquent la politique menée par son pays, l’Arabie Saoudite. Le 2 octobre, il se rend au consulat pour obtenir un document officiel de divorce qui lui accorde le droit de se remarier.


Sa femme, qui l’attendait dehors, est la première à se rendre compte de sa disparition : elle appelle la police. Des fouilles sont menées et de nombreuses recherches sont entreprises de la part des autorités turques. Les employés sont interrogés afin de trouver des preuves. Le 18 Novembre, alors que le décès de Khashoggi a déjà été reconnu par l’Arabie Saoudite, le CIA déclare qu’il est impossible que le Prince Mohammed ben Salmane (MBS) ne soit pas au courant de ce complot d’assassinat. Cependant Trump insiste dans sa déclaration sur la loyauté de Washington envers le Royaume affirmant qu’il n’y a rien de définitif qui lie le prince au meurtre de Khashoggi. L’Arabie Saoudite nie les accusations et MBS soutient que Khashoggi « a quitté le consulat, une heure ou quelques minutes après son entrée », Il ajoute même: « nous n’avons rien à cacher ».


( Sources: the Guardian / Reuters )


« La conscience internationale ne sera apaisée que lorsque toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires, auront été punies », déclare, de son côté, Recep Tayyip Erdogan, gouverneur de la Turquie qui souhaite que les suspects arrêtés en Arabie saoudite « soient jugés à Istanbul ».


Cependant, le monde demeure immobile. Aucune grande puissance n‘agit. Des élus américains accusent même Trump de favoriser l’intérêt économique sur la morale et la justice. Seule la voix des protestants et des journalistes se fait entendre pour mettre la lumière sur cette affaire et faire éclater la vérité : Fred Ryan, le PDG du Washington Post, déclare à son tour qu’il ne s'agit pas seulement du meurtre d'un journaliste innocent. L'assassinat de Jamal entre dans le cadre d'attaques croissantes contre la liberté de la presse menées par des tyrans à travers le monde.”


Lorsque le prince rencontre le fils de Jamal pour lui présenter ses condoléances, on peut voir la douleur et le mal sur le visage du fils devant l’homme qui est soupçonné d’avoir commandité le meurtre de son père.


Rencontre de MBS avec Salah Khashoggi, fils de la victime Jamal Khashoggi / AP


Cette affreuse affaire montre l’impact qu’ont toujours certains régimes autoritaires dans le monde, uniquement au vue de leur place et de leur statut commercial. Jusqu’aujourd’hui cette succession d'événements autour de ce meurtre a mené à diverses conséquences autour du monde. Bahreïn, mon pays, allié de l’Arabie saoudite ne dit pas un mot. Ainsi, aujourd’hui encore et dans beaucoup de pays autour du monde, nos citoyens et nos journalistes sont privés de l’une des valeurs les plus fondamentales : la liberté d’expression. Parler, s’exprimer par la parole. Écrire, s’exprimer par l’écriture. « S’exprimer » un verbe qu’on entend partout, mais qu’on voit très peu dans la vraie vie.


- Israa Jihad

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